CLM 1866-1947

Merci à Jean-Yves Mérienne qui nous a permis d’utiliser les pages de son site “Un siècle d’histoire du Calvados” pour retracer ici l’histoire de Courtonne la Meurdrac de 1866 à 1947.

Ce site est une véritable encyclopédie des villages du calvados. Une mine d’or.
A visiter de toute urgence


Novembre 1866   –   Un incendie.   –   Lundi dernier, le feu a réduit en cendres la toiture d’un bâtiment à usage de boulangerie appartenant au nommé Roussel Joseph, boulanger à Courtonne-la-Meurdrac, canton de Lisieux. Grâce au concours empressé de la plus grande partie de la population de la commune, qui au premier signal s’est empressée d’accourir sur les lieux, l’incendie a pu être concentré dans son foyer, ce qui a permis de préserver de la destruction un corps de bâtiment considérable attenant à la boulangerie.

Cet incendie est purement accidentel. Le feu a pris naissance dans le plancher du bâtiment incendié, auquel il avait été communiqué par une lézarde pratiquée sur la voûte du four. La perte évaluée approximativement à la somme de de 1430 francs, est couverte par une assurance.  

Mai 1871   –  Fait divers.   –  Le 24 de ce mois, vers une heure du soir, un commencement d’incendie a éclaté dans un bois taillis situé à Courtonne-la-Ville, et en a détérioré environ deux hectares appartenant aux sieur Auguste Cassey et veuve Alabarbe, propriétaires. Perte 150 fr., assuré. Cet incendie est attribué à l’imprudence du nommé Potier, journalier à Thiberville.  

Août 1872   –  Loi sur les boissons.   –  Tout détenteur d’appareils propres à la distillation d’eaux-de-vie ou d’esprits est ténu d’en faire, au bureau de la régie, une déclaration énonçant le nombre et la capacité de ses appareils.

Août 1872   –  La fin du monde.   –  On sait que la fin du monde avait été prévue pour le 5 de ce mois, elle n’a pas eu lieu, parce qu’elle a été, paraît-il, remise au 12 août, selon les uns, et selon les autres, au 15 août, fête de l’ex-empereur.

Août 1872   –  Fait divers.   –  Dernièrement, cinq ou six garnements de seize à dix-huit ans, prenaient leurs ébats dans un cours d’eau de Courtonne-la-Ville, qui coule à l’extrémité de la propriété de maître Pierre X… et de Mlle Désirée, sa sœur, âgée de trente-six ans, et peu commode.

Mlle Désirée aperçut de loin les baigneurs, qui n’avaient pour tout vêtement que leurs cheveux, et en fille curieuse, voulut les voir de plus près.

Elle appela donc son frère, et tous les deux se dirigèrent vers la bande, qui se mit à déguerpir, à l’exception d’un seul, le nommé Gustave, qui cherchait en vain à enjamber un  microscopique caleçon.

Non content d’enlever les effets du pauvre gars, qu’ils portèrent à la mairie, maître Pierre lui flanqua des coups de sabot et mademoiselle sa sœur des coups de râteau.

Cette affaire a fait beaucoup de bruit, à cause surtout du costume par trop primitif dans lequel l’infortuné Gustave fut obligé de se présenter devant la municipalité de Courtonne, pour réclamer sa chemise, ses chaussettes, son gilet de peau, etc…….

La justice s’en est emparée et le tribunal correctionnel de Lisieux a condamné le frère et la sœur à chacun 25 fr. d’amende, pour coups et blessures à un individu court vêtu.

Juillet 1875   –   Inondations du Calvados.  –  A l’annonce du désastre qui vient de frapper Lisieux, nous nous sommes rendu sur les lieux.

Pendant, une partie de la journée de mercredi, la pluie était tombée abondamment et la foudre n’avait cessé de gronder.

Vers sept heures du soir, une trombe épouvantable s’est déchaînée sur Courtonne, Glos et Lisieux.

L’avalanche d’eau a été si rapide que devant elle il était impossible de se sauver. En essayant de fermer ses volets, le sieur Prisse a été emporté et noyé. En quelques instants l’eau a atteint dans certains endroits jusqu’à trois mètres de profondeur.

Jusqu’à présent, on ne compte que six morts : Deux à Lisieux. Quatre à Glos.

Trois des personnes noyées ont été entraînées par le courant au moment où elles essayaient de quitter leur maison qui s’écroulait en même temps que le pont de Glos.

Une femme a été emportée par la trombe et noyée au moment où elle appelait ses enfants qu’elle croyait en danger.

Des maisons et des hangars sont effondrés, des murs et des ponts sont renversés, plusieurs fabriques sont endommagées.

Les pertes sont considérables. On parle d’un million pour les fabriques. Il y aura chômage. Encore des misères à soulager.

Jeudi matin, Pont-l’Evêque a été envahi par les eaux, qui ont atteint, dans certaines rues, une hauteur de 1 m. 50.

Partout les eaux sont en décroissance, et tout fait espérer que là s’arrêtera le mal.

Juillet 1875   –   Orages et tonnerre.  –  Les orages annoncés par le prophète Nick pour le mois de juillet ont éclaté à leur heure. Paris et ses environs la Seine-lnferieure et l’Eure en ont ressenti les effets.

Notre pays n’a pas non plus été épargné, il y a même eu morts d’hommes. Le sieur Lefort, boulanger à Bernières, a été tué par la foudre au moment où il sortait de son jardin avec une brouette, et 1e sieur Ferdinand Séron, propriétaire à Tournay-sur-Dives, arrondissement d’Argentan, a été frappé par la foudre, vendredi dernier, dans un pré où il était à faucher. L’arrondissement da Lisieux a eu beaucoup à souffrir : le vent, l’eau et la grêle, dont certains grêlons atteignaient la grosseur d’un marron, ont fauché les colzas, les blés et les pommiers.

Une grande consternation règne dans les communes de Moyaux, Fumichon, etc….., où en quelques heures, les cultivateurs ont vu anéantir l’espoir de toute une année.

— La comète n’est pas étrangère aux grandes chaleurs que nous subissons. En 1811, une comète fut visible, et les chaleurs et la sécheresse furent telles qu’un grand nombre de rivière tarirent, en 1846, nouvelle comète, nouvelle sécheresse, l’eau devint tellement rare dans certains endroits que des bestiaux périrent de soif. En 1811 comme en 1846, le vin fut abondant et d’une qualité supérieure, on espère qu’il en sera de même en 1874, aussi les cours des vins sont-ils en baisse de 10 fr. par hectolitre. A Marseille, le thermomètre a marqué, à l’ombre, 40 degrés, à Paris, au soleil, 44 degrés. De nombreux cas d’insolation sont signalés.

Juillet 1875   –   Les inondations.  –  Notre département gardera un triste souvenir du mois de juillet 1875. Ce mois, ordinairement le plus beau de l’année, est froid et pluvieux, de fréquents orages ravagent et détruisent tout. Comme on le verra plus loin, à dix jours de date un nouvel orage s’est abattu sur la malheureuse ville de Lisieux.

Voici quelques détails complémentaires sur les inondations du Calvados :

On compte quinze communes de l’arrondissement de Lisieux qui ont eu à souffrir de l’inondation. Toutes les routes sont ravinées, quelques-unes complètement défoncées. Il y a dix ponts à refaire entièrement. Partout, le foin coupé a été entraîné par les eaux.

—La voie du chemin de fer a été creusée de plus d’un mètre au-dessous des rails, sur une longueur de 80 mètres environ.

— On peut juger de la quantité d’eau tombée à St-Mards-Orbec, en sachant qu’aux abords des écuries de la Compagnie du chemin de fer, elle a atteint quatre mètres de hauteur. A Courtonne-la-Meurdrac, la foudre est tombée à dix ou douze endroits différents, sans qu’il en soit, toutefois, résulté d’accidents notables.

C’est à St-Paul-de-Courtonne que l’infortuné Lebourgeois a trouvé la mort. Cet homme, qui avait construit lui-même son humble habitation, n’avait pas voulu s’en éloigner. Il ne voulait même pas que sa femme et ses enfants la quittassent, et pour les en empêcher, il avait amené devant la porte un vieux bahut qui la barricadait. Mais sa femme, affolée, lui  arracha la plus jeune des enfants qu’il tenait dans ses bras, repoussa violemment le bahut et s’élança dehors, suivie de deux autres enfants. Quelques minutes après, la maison s’écroulait, étouffant l’obstiné propriétaire sous les débris que le torrent emportait au loin, ne laissant à la plaça de la maisonnette qu’un trou profond rempli de pierres et de limon.

Un nommé Rabot, qui se trouvait sur la rive gauche de la rivière et qui ne pouvait franchir le torrent, a dû passer la nuit entière monté sur un arbre, tandis que sa femme, restée dans sa maison inondée, a dû, pour n’être pas noyée, monter sur l’appui de la fenêtre et se tenir au dormant supérieur du châssis.  

Février 1876   –  Tempêtes et inondations.  – Depuis quelques jours tous les éléments sont déchaînés sur notre pauvre pays, il pleut constamment, la vent ne cesse de souffler en tempête, tous les cours d’eau sont débordés, la plupart des usines ont dû arrêter, de nombreux ouvriers sont sans travail. Sur la mer aucun navire n’ose se risquer, toutes les barques de pèche sont à l’ancre depuis de longs jours. Sur nos côtes, d’énormes blocs de rochers se sont détachés des falaises.

Au moment où nous mettons sous presse, les dépêches qu’on nous communique indiquent partout progression dans les crues et font craindre de nouvelles tempêtes.

Dimanche, la bourrasque a fait des ravages incalculables. A Caen, au détour des rues, il était impossible de se tenir debout, beaucoup de personnes ont été renversées.

Dans la campagne, les dégâts sont très sérieux, les pommiers sont, en majeure partie, renversés sur les coteaux exposés au sud-ouest et dans les terres humides. Sur les routes et les lignes de chemins de fer, des centaines de poteaux télégraphiques sont brisés. La quantité de toits et de cheminées enlevées est innombrable.

Lisieux, on ne compte plus les cheminées abattues et les toits ravagés. Une dame âgée a été renversée par le vent et a eu le bras fracturé, un passant a eu le visage coupé par la chute d’une tuile.

De magnifiques arbres exotiques sont renversés dans le jardin de l’Étoile. Beaucoup de pommiers du Pays-d’Auge ont été brisés ou arrachés. Des rangs entiers d’arbres exposés à l’ouest ont été couchés.

Courlonne-la-Ville, cette commune déjà si cruellement éprouvée par les inondations du mois de juillet dernier, a subi d’importants dommages. Pour une seconde fois, M. Leprovost,  grillageur, a vu son atelier rasé du sol, les vitres brisées, ses marchandises avariées.

Dans un petit vallon qui se trouve entre St-Germain-la-Campagne et Orbec, un bâtiment neuf appartenant à M. Ozanne, d’Orbec, a été littéralement coupé en deux et mis en pièces.  

Septembre 1878   –  Ou est l’accord parfait ?  –  Il y a eu, dimanche dernier, concours d’orphéons à Deauville. Les Sociétés chorales du Calvados qui ont été couronnées appartiennent à Bonnebosq, La Boissière et Villers-sur-Mer.

Les fanfares d’Angerville, Villers-sur-mer, Argences, Courtonne-la-Ville, Bonnebosq, la Boissière, Orival et Aunay-sur-Odon (Enfants du Bocage), ont également obtenu des récompenses. Dans la 1er division des fanfares, Pont-l’Evêque a enlevé le 1er  prix à la Philharmonique d’Honfleur, qui a dû se contenter du second. Les philharmoniques honfleurais sont furieux, leur président veut porter un défi de 10 000 fr. aux vainqueurs. A la suite de cet échec, un journal honfleurais a écrit qu’il y avait trop de pianistes dans le jury.  

Janvier 1879  –  Construction d’écoles.  –   Pour le Calvados, 25 constructions nouvelles dans 22 communes, dans l’arrondissement de Lisieux : Courtonne-la-Meurdrac, école des garçons ; Fumichon, école mixte ; Tortisambert, école mixte ; Grandmesnil, école mixte.  

Janvier 1879  –  Appropriations et réparations en 1878.  –  85 locaux, appartenant à 73 communes, ont été appropriés ou réparés dans le Calvados  –  Arrondissement de Lisieux : Marolles, école de garçons ; Lisieux, école de garçons ; Saint-Désir, école de garçons ; Saint-Germain-de-Livet, école mixte ; Saint-Jacques, école de garçons ; Mesnil-Duraud, école de filles ; Ouville, école de filles, Croissanville, école de garçons ; Saint-Julien-le-Faucon, école de garçons ; Sainte-Marie-aux-Anglais, école mixte ; Mesnil-Mauger, école mixte ; Orbec,  école de garçons ; La Chapelle-Yvon, les deux écoles ; Courtonne-la-Ville, école de garçons ; La Folletière, école mixte ; Saint-Julien-de-Mailloc, école de garçons ; Saint-Martin-de-Bienfaite, école de garçons ; Boissey, les deux écoles ; Sainte-Marguerite-de-Viette, les deux écoles ; Montviette, école mixte ; Vieux-Pont, école mixte. etc…….

Mai 1879   –  Fête.  –    Courtonne-la-Meudrac. – Fête des Quarante-Heures, le 23 mai, Messe en musique par la fanfare de Courtonne-la-Ville. – Jeux et divertissements variés : Course aux ânes, course en sac, collation difficile, cruches à surprises, mât de cocagne. Feu d’artifice, donné par M. le marquis de Neuville. Retraite aux flambeaux par la fanfare de Courtonne-la-Ville.  

Avril 1880  –  Un homme écrasé.  –  A Courtonne-la-Ville, dans un chemin creux, le sieur Paulin, domestique du meunier Bouilly, a été pris entre la roue de la voiture qu’il conduisait et le talus du chemin. La compression de la poitrine a été telle que cet homme est mort quelques instants plus tard.  

Mars 1890  –  Les voleurs d’église.  –   Dans la nuit de mardi à mercredi de la semaine dernière, des malfaiteurs se sont introduits dans l’église de Courtonne-la-Meurdrac. Ils sont entrés par la fenêtre de la sacristie dont ils ont descellés les quatre barreaux et brisé les vitres. Ils ont visité les armoires dans lesquelles ils n’ont rien trouvé. Dans l’église, ils ont fracturé le tronc de la Vierge dans lequel ils ont dû trouver trois ou quatre francs en monnaie. Mais ils n’ont pas découvert le tronc de la Charité dans lequel se trouvait soixante dix-huit francs.  

Avril 1890  –  Un incendiaire.  –  A Courtonne-la-Ville, un incendie a détruit une meule de mille bottes de foin au sieur Lesens, aubergiste à St-Paul-de-Courtonne. Le feu a été mis par un nommé Isidore Corbet, 40 ans, qui est venu mercredi se présenter à la gendarmerie de Lisieux, et a dit avoir mis le feu pour être arrêté. Il sortait de faire deux ans de prison.  

Août 1890  –  Immoralité et bestialité.  –   Le nommé Alphonse Béquet, journalier à Courtonne-la-Ville, qui a déjà subi une condamnation pour outrage public à la pudeur sur des poules, a été de nouveau arrêté. Au cours d’une enquête des gendarmes, il les a outragés.  (Source B-N)

Février 1891  –  Triste farce.  –  Lundi de la semaine dernière, vers 3 heures du soir, une femme inconnue se présentait chez les époux Amand Denis, propriétaires à Courtonne-la-Meurdrac, afin de leur annoncer la mort de leur proche parente, la dame veuve Jaume , propriétaire à Moyaux, sœur de Mme Denis. 

Les époux Denis firent asseoir la commissionnaire qui se restaura on ne peut mieux, et allèrent à Marolles avertir d’autres parents. Le mardi matin, tous arrivaient à Moyaux un peu avant huit heures. 

Ils trouvèrent la morte bien vivante. La farceuse fut dépeinte à la dame Jaume et à sa fille. Aussitôt les soupçons se portèrent sur une femme Pelcat, née Lœtitia Jardin, sans domicile fixe, mais ayant demeuré soit à Moyaux, soit au Pin. Cette femme est activement recherchée.  (Source B-N)

Avril 1891  –  Infanticide.  –  Le cadavre d’un nouveau-né du sexe féminin a été découvert par le sieur Eugène Delaunay, dans une petite mare située commune de Courtonne-la-Meurdrac, canton de Lisieux. Cet enfant, qui parait être né à terme et avoir vécu, porte au cou quelques traces bleuâtres de nature à faire supposer qu’il a été étranglé. Il n’a été possible de relever aucune trace ni aucun indice pouvant faire connaître l’auteur de ce crime.  (Source B-N)

Avril 1891  –  Association de voleuse.  –  La fille Clémentine Sauvage, 27 ans, rubanière à Courtonne-la-Ville, sa mère, Clémentine Sauvage, 54 ans, demeurant avec sa fille, et la femme Berthe Catherine, ménagère à Bernay, s’étaient associées pour exploiter la bêtise humaine.

Voici le moyen dont elles se servaient : elles faisaient voir aux personnes qu’elles voulaient duper des lettres fabriquées par elles, qu’elles disaient tenir d’un nommé Branchon, leur homme d’affaires, réclamant de l’argent pour acquitter les droits d’une succession qu’elles devaient toucher. Avec cet argent, elles ribotaient toutes ensemble, voyageaient et régalaient des amis. Chez un débitant, elles ont dépensé jusqu’à 15 et 18 fr. par jour, là encore, elles ont commis une escroquerie en se faisant remettre 10 fr. et en prenant des consommations à crédit.

Quand une personne ne voulait pas remettre l’argent ou avait des doutes sur l’authenticité des lettres, vite le lendemain une lettre de menaces d’un grand sorcier donnant le « mal fait, » la maladie aux bestiaux et la ruine pour les propriétaires.

C’est ainsi que ces coquines se sont fait donner jusqu’à 3 000 fr. par une dame Galopin, propriétaire à Courtonne-la-Ville. La fille Sauvage écrivait les lettres avec la femme Catherine et partageait la presque totalité de ses escroqueries avec elle. Pour sa défense, Clémentine Sauvage dit qu’elle a commis ces différents délits afin de guérir sa mère qui avait « un crapaud dans le ventre, » et qu’elle remettait l’argent à la femme Catherine qui, seule, connaissait le sorcier. La fille Sauvage et la femme Catherine ont été condamnées chacune à deux ans de prison, et la mère Sauvage à un an et un jour.  (Source B-N)

Mai 1891  –  Infanticide.  –  L’enquête ouverte à la suite de la découverte du cadavre d’un nouveau-né dans une mare, à Courtonne-la-Meurdrac, a amené l’arrestation de la coupable, une fille Léontine Pouchin, 27 ans, servante au Breuil-en-Auge. Le crime a été commis près de la demeure des parents de la fille Pouchin.  (Source B-N)

Mai 1891  –  Animaux volés.  –  Un cheval et une voiture ont été volés la nuit chez le sieur Dionis dit Larivière, propriétaire à Livarot, dans une écurie et remise se trouvant à environ 50 mètres de l’habitation. 

— Une vache, estimée 480 fr., a disparu, la nuit, d’un herbage appartenant au sieur Lucien Berthe, propriétaire à Courtonne-la-Ville. La porte d’entrée n’avait pas été ouverte, mais une brèche avait été faite tout auprès. 

— Dans la nuit, des malfaiteurs se sont introduits dans un herbage appartenant au sieur Lautier, cultivateur à Banneville-la-Campagne, et ont emmené une génisse estimée 400 fr. (Source B-N)

Janvier 1892  –  Tentative d’assassinat.  –  Vendredi soir, vers 8 heures, Mme Léon François, de Courtonne-la-Meurdrac, se dirigeait vers un bâtiment distant du bourg de 1 500 mètres environ, pour y prendre du foin, quand, à 20 mètres de ce bâtiment, elle reçut toute la décharge d’un coup de fusil, tiré par un individu caché dans le grenier, et fut atteinte grièvement au ventre et aux bras. On accourut à ses cris et on lui donna les soins nécessaires. La justice a ouvert une enquête. Les soupçons se sont portés sur le sieur Léon François, 50 ans, garde champêtre et mari de la victime, qui avait eu dans la journée une scène de jalousie avec elle. Il nie énergiquement.  (Source B-N)  

Février 1892  –  Arrestation.  –  Le sieur Léon François, garde champêtre à Courtonne-la-Meurdrac, accusé d’avoir tué sa femme, a été arrêté. Celle-ci va mieux. C’est en versant des larmes et en poussant des cris qu’elle a vu emmener son mari en prison.  (Source B-N)  

Août 1892  –  Tentative d’assassinat.  –  Léon François, âgé d’une cinquantaine d’années, était garde champêtre de Courtonne-la-Meurdrac. En 1886, il a épousé en secondes noces Marie Sauvage, âgée actuellement de 36 ans. Depuis, François avait fait la connaissance d’une veuve de 30 ans, nommée Quentin. Leurs relations étaient connues du pays, et si François n’avait pas été marié, la veuve, Quentin lui aurait donné sa main avec 45 000 fr. de valeurs qu’elle possède. 

Un soir de janvier que la dame François allait chercher du foin dans une étable, elle reçut un coup de fusil Lefaucheux qui la cribla de 57 plombs et elle ne dut son salut qu’à l’épaisseur de ses vêtements. Lefrançois fut arrêté. Il a toujours nié. La veuve Quentin a été entendue comme témoin. Elle ne semblait nullement émotionnée. Pendant la délibération du jury, elle distribuait aux témoins des bonbons qu’elle avait apportés et disait à un de ses voisins : « Il en a pour dix ans ». Elle s’est trompée, François ne subira que 7 ans de travaux forcés. (Source B.N.)  

Octobre 1892  –  Grave accident.  –  Lundi, à Courtonne-la-Meurdrac, cinq ouvriers du sieur Huvé, entrepreneur à Lisieux, travaillaient à la construction de la maison d’école et venaient tous les cinq de remonter sur l’échafaudage élevé à cinq mètres du sol. Une des perches se rompit, et les cinq hommes furent précipités dans le vide. Trois d’entre eux sont sans blessures. Le sieur Houel, 41 ans, demeurant 56, rue de Livarot, porte au bas d’une jambe une profonde entaille. Quant au cinquième, le sieur Rossignol, 19 ans, rue des Deux-Soeurs, son état très grave a nécessité son transport à l’hôpital.   (Source B.N.)  

Octobre 1892  –  Attaque nocturne.  –  Vendredi soir, le sieur Alphonse Fiodière, journalier à Courtonne-la-Meurdrac, revenait de travailler à Roques. En passant au Coin-Mauduit, il a été attaqué par quatre individus. L’un d’eux l’a frappé à la tête avec un instrument que Fiodière n’a pu reconnaître, attendu que le sang qui avait aussitôt jailli de la blessure l’avait aveuglé. (Source B.N.)  

Décembre 1892  –  Mort au bagne.  –  Léon-François, condamné, en août 1892, à sept ans de travaux forcés pour avoir, à Courtonne-la-Meurdrac, tenté de tuer sa femme pour en épouser une autre, est décédé à St-Martin-de-l’ile-de-Rè. (Source B.N.)  

Juillet 1893    Morceau d’étoffe révélateur.  –  La jeune Alphonsine Ferey, demeurant à Courtonne-la-Meurdrac, était servante à Marolles. Ses maîtres l’envoyaient quelquefois faire des commissions chez le sieur Félix Buchard, mercier. La jeune bonne en profitait, pendant qu’on était occupé à la servir, pour faire disparaître dans sa poche tantôt un foulard, tantôt un mouchoir, ou un flacon de parfumerie. 

Ce fut un jour un morceau d’étoffe dont elle se fit aussitôt faire une taille. La petite voleuse avait bien choisi : une camarade trouva la taille si jolie qu’elle vint demander au sieur Buchard de l’étoffe pareille à celle qu’il avait vendue à la fille Ferey. Celui-ci avait bien remarqué qu’on lui avait volé de l’étoffe, mais ne soupçonnait personne, et, comme il n’avait rien vendu à la fille Ferey, il l’a dénoncée. Celle-ci a tout avoué. (Source B.N.)  

Mars 1894  –  Écrasé  La semaine dernière, Jean Guégan, 30 ans, terrassier, occupé à extraire du ballast à Courtonne-la-Meurdrac, était sur la voie et attendait qu’un convoi de marchandises, qui passait dans le moment, lui laissât le passage libre. Le malheureux ne voyait pas venir en sens inverse l’express de Paris. Il fut réduit en lambeaux par la machine de l’express que le mécanicien fit stopper immédiatement. On ne recueillit que des débris informes. A l’arrivée du train de Lisieux, on s’aperçut qu’une jambe était restée accrochée à un fourgon. (Source B.N.)  

Décembre 1894  –  Mort subite d’un curé.   –  M. Gournay, chanoine honoraire de Carthage, curé de Courtonne-la-Ville, canton d’Orbec, a été trouvé mort dans son lit. L’abbé Gournay, âgé de 64 ans, a probablement succombé à une congestion. (source B. N.)  

Février 1895  –  Neige et froid.   –  L’hiver que nous traversons menace d’être un des plus longs que nous ayons eu depuis longtemps. Il est de nouveau tombé de la neige dimanche la nuit, et le froid continue. Les routes et les chemins sont impraticables. On s’étonne de l’inaction des administrations que cela concerne. Les bras inoccupés sont nombreux dans nos campagnes et en leur faisant appel on pourrait rétablir la circulation sur beaucoup de points, au besoin, on pourrait avoir recours aux prestataires. Si cet affreux temps continue, les navires ne pourront plus arriver à Caen. L’Orne est prise et le paquebot La « Dives » est resté huit jours retenu par les glaces près de Longueval. Il n’a été dégagé que mercredi matin. Quant au canal, les glaçons l’encombrent. Cette situation est d’ailleurs générale. La Seine est prise à Paris et à Rouen. (source B. N.)

Février 1895  –  Suicide ou crime.   –   La semaine dernière, le nommé Porte, octogénaire, habitant Courtonne-la-Ville, était trouvé pendu dans l’étable de la ferme des époux Prévost. On crut d’abord à un suicide, mais on apprit que les époux Prévost lui devaient de l’argent et la justice fit une enquête. 

Le cadavre de Porte a été exhumé jeudi soir en présence des époux Prévost qui sont tenus à la disposition de la justice. Ils sont âgés, le mari de 53 ans, la femme de 27 environ. Cette famille passe pour être assez aisée mais serait, paraît-il, mal considérée dans la contrée. (source B. N.)

Janvier 1896  –  Méchantes farces.  –  Depuis quelque temps, on s’introduisait dans le jardin de la religieuse-institutrice de Courtonne-la-Meurdrac et on introduisait des morceaux de bois dans la serrure de la porte d’un corridor. L’autre nuit, la religieuse fût réveillée par un bruit près de la porte. Elle se leva, ouvrit la fenêtre et demanda : « Qui est là ? » Personne ne répondit. Elle appela au secours. Un individu qui était en bas se sauva. Un passant put l’arrêter quelques instants et même lui flanquer des coups de poing. Mais il se dégagea et s’enfuit. Une enquête est ouverte. (source B. N.)  

Avril 1896  –  Mort mystérieuse.  –  Le parquet de Lisieux s’est rendu à Courtonne-la-Meurdrac pour faire procéder à l’autopsie de la fille M……., que l’on dit décédée à la suite de mauvais traitements. (source B. N.)  

Septembre 1897  –  Incendies.  –  Un incendie s’est déclaré à Courtonne-la-Ville, dans une buanderie appartenant à la veuve Hamel. Grâce aux sieurs Florentin Harel, domestique, et Louis Charlotte, charron, on fut bientôt maître du feu. Harel a failli être victime de son dévouement, le plancher s’étant effondré sous ses pieds, il n’a dû son salut qu’à sa présence d’esprit et à sa souplesse. Quant a Charlotte, ses vêtements ont été brûlés. Le feu a dû prendre dans la cheminée, car l’on était en train de faire la lessive. Le bâtiment était assuré.

—  Un incendie a éclaté au Quesnay-Guesnon, chez le sieur Hamelin, grande ferme du château. Cet incendie, dû à l’imprudence d’un petit valet qui avait laissé sa chandelle allumée prés de son lit , a causé des dégâts assez considérables.

 —  Un incendie, dont la cause est inconnue, a consumé une meule de grains de 530 gerbes d’avoine et 1 800 gerbes d’orge au sieur Léon Lerenard. cultivateur à Colombiers-sur-Seulles.  (source B.N.)

Février 1898  –  Renversés par des voitures.  –  Le sieur Isidore Buhot, 53 ans, cultivateur à Courtonne-la-Meurdrac, revenait de Lisieux, lorsqu’à Beuvillers il fut culbuté, bien que s’étant rangé sur la berge, par une voiture marchant à grande allure. Dans sa chute, outre plusieurs contusions à la tête, il s’est fracturé une jambe. Les auteurs de l’accident ont continué leur route sans s’inquiéter de la victime, mais on connaît leurs noms. 

— Une carriole, conduite à une très vive allure, a renversé, sur la route de la Maladrerie, près le calvaire, le sieur Auguste Michel, 16 ans, couvreur, y demeurant, qui s’en revenait de Caen. La voiture lui a passé sur le corps. Au lieu de s’arrêter, le conducteur, resté inconnu, a continué sa route. Les blessures de Michel sont heureusement peu graves. (source B. N.)

Mai 1898  –  Conducteur imprudent.  –  Un soir de février, Isidore Buhot, 53 ans, journalier à Courtonne-la-Meurdrac, fut renversé, sur la route de Lisieux à Glos, par une voiture et, dans sa chute, se cassa une jambe. D’après l’enquête, l’auteur de cet accident serait Jules Gaillard, ancien boucher a St-Julien-de-Mailloc. Il nie le fait. Le tribunal le condamne quand même à quinze jours de prison, avec la loi Bérenger, et à 50 fr. d’amende. (source le B. N.)

Novembre 1898  –  Blessures accidentelles.   –   Le sieur Lamy, charron à Cabourg, revenait, le soir, en voiture du Bas-Cabourg, sa jument, effrayée par un motocycle que son propriétaire rajustait, s’est jetée dans le fossé et, contournant un arbre, rebroussa chemin vivement. Dans ce brusque mouvement, le sieur Lamy fut projeté avec force sur la ridelle de sa voiture, se faisant à la poitrine une blessure qui n’aura pas cependant de suites.

—  Le sieur Lemoisson, 47 ans, à Vassy, a eu la poitrine fortement contusionnée par la chute d’un arbre qu’il abattait et dont un coup de vent avait fait changer la direction. L’état du blessé, qui se plaint aussi de douleurs internes, inspire des inquiétudes. Lemoisson est père de quatre enfants.

— Jules Bunel, 18 ans, dont le père est meunier à Courtonne-la-Meurdrac, se trouvant un peu pris de boisson, passa sous l’une des roues de la voiture qu’il conduisait sur la route de Beuvillers. Des passants le relevèrent et le conduisirent à l’hôpital de Lisieux. Il en sera quitte pour une entorse.

—  La dame Bidot, veuve Couture, 77 ans, demeurant rue Saint-Pierre, à Caen, est tombée dans la devanture du sieur Gaschet, sellier, boulevard Saint-Pierre, et a été blessée assez gravement au front par les éclats de la glace qu’elle a brisée.

—  La dame veuve Guérin, rentière, rue d’Auge, à Caen, s’est fracturé une jambe en tombant rue Neuve-du-Port.

—  Le sieur Lemasson, maréchal à Caen, était à Cagny, occupé à ferrer un jeune cheval, lorsque l’animal se mit à ruer violemment et atteignit le malheureux ouvrier sous le menton, lui fracturant la mâchoire. Le blessé à été transporté à l’hôtel Dieu, il est marié et père de 2 enfants en bas âge.   (source le B. N.)

Novembre 1898  –  Attentat à la pudeur.   –   La gendarmerie de Lisieux a arrêté le nommé Jean Brebion, 18 ans, journalier à Courtonne-la-Ville, qui a abusé de la jeune Jeanne Pouchin, 8 ans, écolière. Le coupable a fait des aveux. (source le B. N.)

Décembre 1898  –  Outrage à la pudeur.   –   Alfred Brebion, 18 ans, journalier, passant à Courtonne-la-Ville, pénétra chez les époux Pouchin, qu’il savait absents. Trouvant là plusieurs enfants qui jouaient dans une cour, il emmena à l’écart la petite Jeanne, âgée de 8 ans, tout en ayant soin d’éloigner les autres enfants, et commit sur l’innocente fillette un véritable attentat à la pudeur. 

Aux cris de la pauvre petite, ses frères accoururent et Brebion se sauva. Ce misérable aurait dû passer en cour d’assises, mais le parquet l’a simplement renvoyé devant la police correctionnelle de Lisieux qui l’a condamné à 8 mois prison et à 16 fr. d’amende. (source le B. N.)

Avril 1912  –  Double assassinat.  –  Un double assassinat a été commis dans la nuit de jeudi à vendredi, au Bois de Lisieux, commune de Courtonne-la-Meurdrac.  Les victimes sont M. Houlley, 66 ans, et sa sœur Mlle Irma Houlley, 64 ans. Voici dans quelles circonstances s’est commis le drame. M. Houlley avait prêté récemment à un jeune homme du nom de de Piel,  26 ans, une somme de 400 francs pour laquelle ce dernier n’avait pas encore signé de billet. Jeudi soir, à 10 heures, il vint chez les époux Houlley, soi-disant pour le signer, mais à peine  lui avait-il ouvert la porte qu’il tombait foudroyé d’un coup de feu tiré à bout portant. Mlle Houlley accourut près de son frère, Piel la tua également à bout  portant et s’enfuit. Affolée, la  femme de journée de M. Houlley se sauva chez elle se claquemura jusqu’au matin. Elle se décida à ce moment à prévenir le maire. La gendarmerie et le parquet sont arrivés dans la  journée.  La police mobile et aux trousses de Piel dont la famille est très bien considérée dans le pays.

La police mobile a arrêté vendredi à Crevecoeur-en-Auge,, Piel, l’assassin de M. et Mlle Houlley, et l’ont ramené à Lisieux, au milieu d’une foule considérable qui, en voyant l’auto grise  de la police mobile croyait assister à la capture d’un membre de la bande Garnier, Carouy et cie.  Piel, fils d’honnêtes cultivateurs, a été interrogé par le procureur François. Il a  déclaré très énergiquement qu’il était innocent.

Piel, l’assassin présumé de M. et Mlle Houlley, a été interrogé. Il nie toujours très énergiquement. Ont dit qu’on possède contre lui des preuves concluantes, mais d’un autre côté,  certains prétendent que c’est ailleurs qu’il faut chercher le ou les coupables. Ceux-la disent qu’un coup de théâtre est possible.  Mardi matin, les obsèques ont eu lieu en présence de  nombreux amis.

Octobre 1915  –  Macabres repêchages.  –  A Saint-Germain-de-Montgommery, canton de Livarot, on a repêché dans une mare, près de son habitation, le cadavre de la veuve  Romain, 66 ans, disparue depuis plusieurs jours. On croit qu’elle a été victime d’un accident. 

— On a trouvé noyé dans un ruisseau le sieur Eugène Dupré, 64 ans, journalier à Courtonne-la-Ville, canton d’Orbec. On croit à un accident.  

Septembre 1916  –  Baptême du lait.  –   Neuf fraudeuses de lait étaient citées à comparaître à l’une des dernières audiences du tribunal de Lisieux. C’étaient Eugénie Goubin, veuve Mahérault, 52 ans, de Saint-Martin-de-Mailloc ; Azéline Chéradame, femme Perrier, 47 ans, de Notre-Dame-de-Courson ; Marie Dubosq, femme Dérouault, 43 ans ; Eugénie Huin, 49 ans, toutes deux de Courtonne-la-Meuidrac ; Clémentine Poplu, femme Lechieu, de Saint-Denis-de-Mailloc ; Marie Tatbelier, femme Bonhomme, 38 ans, de Saint-Martin-de-Bienfaite ; Eugénie Poirier, femme Martel 36 ans, de Saint-Martin-de-Mailloc ; Maria Paris, femme Héribel, 53 ans, de Saint-Martin-de-la-Lieue ; Charlotte Marie, femme Servy, 49 ans, de La Cressonnière. Elles étaient toutes accusées d’avoir écrémé le lait qu’elles livraient à la fromagerie Lanquetot. Quelques-unes l’avaient, en outre, baptisé. Les huit premières ont été  condamnées chacune à 60 fr. d’amende et à des dommages intérêts variant de 23 à 100 fr. De plus, l’affichage a été ordonné. La femme Servy a été relaxée. Puisque l’écrémage du lait est interdit, ce qui est juste, ne serait-il pas tout aussi juste d’interdire l’écrémage des fromages ou tout au moins d’obliger les fabricants à indiquer la proportion de crème que  contiennent leurs produits ?

Mars 1917  –  La fin des maux.  –  Mme Lefèvre, 80 ans, vivant seule à Courtonne-la-Meurdrac, près Lisieux, donnait, depuis quelques temps, des signes de dérangements cérébraux. Ses cousins, les époux Cussy, propriétaires à Ruqueville, la recueillirent. Une nuit, elle se leva et alla se jeter dans un puits où on retrouva son cadavre le lendemain.

Juin 1925  –  Bonne chasse.  –  Au cours d’une battue organisée par M. Louis Bétheaume et M. le Maire de Courtonne, un solitaire pesant 123 kilos a été abattu par M. Alphonse Lelièvre, de Saint-Denis-de-Mailloc.

Juillet 1927  –  Au feu !  –  En absence des époux Keirschieter, une incendie provoqué par un défaut dans la construction une cheminée a en partie détruit leur ferme, à Courtonne-la-Meudrac. Malgré les efforts des voisins et des pompiers, le mobilier n’a pu être sauvé. Les dégâts, assurés, s’élèvent à 32.000 francs.

Juin 1928  –  Une grave affaire.  –  Dans la nuit de dimanche à lundi, M. Joseph Bizot, agent visiteur de service à la gare de Courtonne-la-Meurdrac, canton de Lisieux, constatait  qu’un  rail de 12 mètres avait été déboulonné et décoincé sur la ligne Paris-Cherbourg, dans une courbe assez prononcée.

Une clé à boulons et un portefeuille contenant des papiers au nom de Prosper Beudin, cantonnier à l’essai de la gare de Courtonne-la-Meurdrac, ayant été trouvés sur les lieux du  sabotage, ce dernier était aussitôt interrogé par M. Priet, juge d’instruction de Lisieux. Beudin commença par déclarer qu’il avait égaré son portefeuille depuis plusieurs jours mais, pressé de questions, il finissait par avouer que, le  samedi 9 juin, en rentrant chez lui après avoir absorbé plusieurs tasses de café à l’eau-de-vie, l’idée lui était venue de dévisser un rail : « J’ai agi inconsciemment bien que je reconnaisse que mon acte pouvait déterminer un accident grave ».

En effet, le misérable avait choisi l’endroit ou la voie se trouve à flanc de coteau sur un talus de 10 mètres de haut. C’est miracle qu’un terrible déraillement n’ait pas été provoqué par ce geste criminel, une vingtaine de trains étant passés ainsi, durant toute la journée de dimanche, sur le rail déboulonné.

Le coupable, né à Niort-Lafontaine (Mayenne), a 22 ans et appartient au réseau depuis le 2 janvier. C’est un employé médiocre, qui avait déjà encouru plusieurs observations et punitions. Il aura à répondre de son acte devant les Assises où il faut espérer que son acte abominable lui vaudra une punition exemplaire.  

Février 1932   –   Horrible fin d’une fillette.  –  Un soir, vers 17 h., M. Edmond Larue, 55 ans, ouvrier agricole à Courtonne-la-Meurdrac, village de La Leseraie, père de six enfants dont l’aîné a 10 ans, quittait son domicile avec sa femme pour aller chercher du bois. A leur départ, les époux avaient laissé cinq de leurs enfants se chauffant devant l’âtre, comme de coutume. Un quart d’heure après, ils entendirent des cris « Au feu ! »  Ils accoururent dans le logement,  une voisine, Mme Delamare, qui avait couché la petite Suzanne, 6 ans, et l’avait enveloppée dans un manteau. La pauvre  enfant était grièvement brûlée. Après une nuit d’horribles souffrances, la pauvre petite expirait des suites de ses brûlures. L’enquête de la gendarmerie devait établir qu’en l’absence des parents, un des enfants, le petit Marcel, 3 ans, avait pris un tison dans le foyer avec des pincettes, et avait mis le feu à la robe en pilou de sa sœur Suzanne. Aux cris des enfants,  Mme Delamare était accourue, et avait aperçu la petite Suzanne à la fenêtre, les vêtements complètement en flammes. Mais c’est en vain qu’elle devait lui prodiguer des soins dévoués.

Mars 1936  –  Mortelle accident de voiture.  –   M. Roney Prudent, 66 ans, propriétaire à Courtonne-la-Meurdrac, était monté sur une voiture hippomobile quand, par suite d’une fausse manœuvre, la voiture heurta un talus et versa. 

  1. Roney fut projeté hors de la voiture et blessé grièvement à la tête. Transporté à l’hôpital de Lisieux, il est décédé quelques heures après. (source M. C.)

Novembre 1936  –   Un centenaire normand vient de mourir.  –  Tout récemment on célébrait à Bordeaux les cent ans de M. Alphonse Clologe, né le 24 octobre 1836 à Courtonne la-Meurdrac. 

Nous apprenons aujourd’hui la mort de ce vénérable vieillard, survenue un mois à peine après la célébration de son centenaire. 

Il a conservé jusqu’à la fin toute sa lucidité et s’est éteint entouré de ses sept enfants : Mlles Sidonie, Marie et Angèle Clologe, le dicteur Charles Clologe, de Tartas, MM. Henri, Joseph et Gaston Clologe. 

Sa sœur est morte à 102 ans, il y a six ans. (source le M. du C.)

Septembre 1937  –  Un prêtre calvadosien va fêter ses noces d’or sacerdotales.  –   M. l’abbé Joseph Lecœur, curé de Courtonne-la-Meurdrac, et desservant de Cordebugle, célébrera ses noces d’or sacerdotales le jeudi 16 septembre prochain, sous la présidence du R.P. Abbé Exupère, supérieur de Mondaye, et de MM. les chanoines Hugonin, archiprêtre de la cathédrale Saint-Pierre de Lisieux et de nombreux ecclésiastiques des environs et amis. 

Cette cérémonie se déroulera en présence du Conseil Municipal, du Conseil Paroissial, de la Confrérie de Charité et des paroissiens des deux communes.  (source M. du C.)

Janvier 1940  –  Une fillette de six ans succombe à de graves brûlures.  –  M. Edmond Larue, 65 ans, ouvrier agricole, demeurant au village de la Lescraie, à Courtonne-la-Meurdrac, père de six enfants, dont l’aîné à dix ans, quittait son domicile vers 17 heures, avec sa femme, pour aller chercher du bois. A leur départ, ils avaient laissé cinq de leurs enfants se
chauffant devant l’âtre, comme de coutume. Étant trop pauvre, le ménage n’a pu encore acheter d’appareil de chauffage.
Après un quart d’heure environ d’absence, M. Larue étant sur le chemin du retour entendit une fillette lui crier « Au feu ». Il accourut immédiatement avec sa femme et trouvèrent déjà dans le logement une voisine, Mme Delamare, qui avait couché la petite Suzanne, agée de six ans, sur la table de cuisine et l’avait enveloppée dans un manteau. La pauvre enfant était grièvement brûlée.
Les parents lui portèrent secours immédiatement et la couchèrent mais commirent l’imprudence de ne pas appeler le médecin. Vers six heures du matin, la fillette se trouvait plus mal, une demi-heure après, elle décédait des suites de ses blessures.
Alertée, la gendarmerie de l’Hôtellerie ouvrit une enquête. C’est ainsi que par la voisine, Mme Delamare, ils apprirent que se trouvant chez elle, elle avait entendu la petite Henriette appeler au secours et qu’elle était accourue. Elle avait alors aperçu la petite Suzanne à la fenêtre de l’habitation, les vêtements complètement en flammes.  
D’autre part, les gendarmes ont pu apprendre par le petit Louis, âgé de neuf ans que son jeune frère Marcel, âgé de trois ans avait pris un tison dans le foyer avec des pincettes et avait mis le feu à la robe de sa sœur, robe qui par malheur, était en pilou. Un médecin de Lisieux appelé, ne put que constater le décès. L’enquête continue.  

Mars 1940  –  Au feu.  –  Un violent feu de cheminée s’est déclaré au domicile de M. Charles Deschamps, cultivateur à Courtonne-la-Meurdrac.
Les pompiers de Lisieux alertés se sont rendus sur les lieux. Grâce à leur prompte intervention, l’incendie a été rapidement éteint et les dégâts qui auraient pu être très graves ont été très légers.

Mai 1940   –   Un château est dévalisé.   –   Mme Clotilde Seyrig, 59 ans, propriétaire, demeurant au château de Gouvix, à Courtonne-la-Meurdrac, quittait le 1er Janvier dernier son château, pour regagner Paris. Elle revint pour Pâques et c’est lors de son second départ qu’elle s’aperçut, en faisant ses malles, que divers vêtements, se trouvant dans une commode, avaient disparu, en particulier plusieurs écharpes. Elle continua ses recherches et s’aperçut que trois serrures de tiroirs avaient été arrachées. Dans une autre chambre, on lui avait volé, dans un placard, un chandail. Enfin, dans le vaisselier de la salle à manger, les cambrioleurs avaient dérobé des couteaux, des cuillères, etc.
Mme Seyrig, qui subit un préjudice de 1.200 francs environ, a porté plainte à la gendarmerie de l’Hôtellerie, et une enquête fut ouverte. Plusieurs personnes ont été interrogées sans résultat et les recherches continuent.  

 Janvier 1942   –   Tickets de sucre.   –   Les tickets spéciaux de sucre de 50 gr. du 4e trimestre 1941 (titre C. 185) ont leur validité prorogée jusqu’à nouvel ordre, et seront employés pour les régimes concurremment avec les nouveaux tickets de 500 gr. du Premier trimestre 1942 (titre C. 205).

Janvier 1942   –   Les tickets de charcuterie.   –   Le Préfet a arrêté que les tickets BA et BB de la feuille de viande du mois de janvier 1942 auront chacune une valeur de 90 gr. Ils seront  utilisés en principe pour la charcuterie.

Les tickets-lettres, BC, BD et BE de cette même feuille sont provisoirement sans valeur.

Août 1942   –   Un accident.   –  Prés de Lisieux, sur le territoire de la commune de Courtonne-le-Meurdrac, un requis à la garde des voies ferrées, M. André Castel, 22 ans, célibataire,  demeurant à Hermival-les-Vaux, a été trouvé vers 2 h. du matin, mort sur le ballast, le bras droit fracturé et portant au visage une profonde blessure.

On croit qu’entendant soudain un convoi arriver derrière lui, le malheureux se retourna, mais, qu’à ce moment précis, il trébucha et fut happé par un marchepied qui le traina sur une distance de 11 mètres.  

Décembre 1946  –  Un chasseur se blesse grièvement.  –   En posant son fusil à terre, dans un pré, M. Jean Brice, 68 ans, propriétaire à Courtonne-la-Meurdrac, a été atteint à l’épaule gauche par la décharge de son arme. L’état du blessé est inquiétant. (Source B.-L.)  

Juin 1947  –  Les méfait de l’orage.  –  Une pluie de gros grêlons s’est abattue sur la région de Courtonne-le-Ville et de la Chapelle-Yvon, occasionnant de sérieux dégâts aux arbres fruitiers. (Source B.-L.)  

Septembre 1947  –    Au feu !  –  Un incendie s’est déclaré à Courtonne-la-Ville, dans un bois appartenant à M. Georges Foumier, aviculteur, détruisant un demi hectare de broussailles. (source B.-L.)

Septembre 1947  –    Un éleveur tué par un taureau.  –  Au Centre d’insémination du Pays d’Auge installé chez M. Lehideux, à Courtonne-la-Meurdrac, un inséminateur, M. Adwin Meister, 46 ans, demeurant à la Chapelle-Yvon, a été mortellement blessé de deux coups de cornes par un taureau. (source B.-L.)

Essoméric : Un Prince Indien à Courtonne

Âgé d’environ 15 ans, il fut ramené en France par le Capitaine Binot Paulmier dit le capitaine de Gonneville, capitaine du navire “Espoir” de 120 tonneaux. Ce gentilhomme était parti de Honfleur le 24 juin 1503, pour les Indes Orientales et il fut jeté aux côtes des Terres Australes. Il abordait une terre inconnue sur la côte du Brésil à l’embouchure de la rivière San-Francisco do Sul, à la latitude du 26ème parallèle et au sud de la ville actuelle de Santos. Cette terre inconnue était habitée par la tribu indienne des Caijos dont le chef était le roi Arosca. Il fut très bien accueilli et séjourna là près de six mois. Arosca lui confia un de ses fils nommé Essoméric, pour le faire instruire de notre artillerie et de mille autres choses qu’il admirait en nous. Gonneville s’obligea de le ramener dans vingt lunes (20 mois),quitta le Brésil le 3 juillet 1504 et fit baptiser Essoméric alors qu’il était en péril de mort le 14 septembre 1504 au large des côtes du Brésil. Il fut son parrain et lui donna son nom. Arrivé en vue des côtes de France, le navire Espoir fut attaqué par les pirates et fit naufrage sur les côtes du Cotentin, en face de Jersey le 7 mai 1505. Essoméric ne put jamais retourner au Brésil, il vécut en Normandie , fut instruit de la religion Chrétienne et adopté par son protecteur et parrain, dont il prit le nom et qui le maria à une de ses nièces

Au XVIIème siècle , l’Abbé Paulmier de Courtonne, chanoine de la cathédrale de Lisieux ( personnage important, fréquentant à la fois la cour du Roi et le Vatican) relate dans un mémoire la curieuse aventure de son arrière grand-père, un indien nommé “Essomèriq….”
Un indien en Normandie, à cette époque, ce n’est pas banal. D’où venait-il ? Qui a pu le ramener en France ? En consultant son mémoire, on peut constater que l’Abbé Paulmier tient ses informations d’un écrit  racontant l’incroyable voyage du sieur Binot Paumier de Gonneville.
Qui est le Sieur Binot Paulmier de Gonneville
Originaire de Gonneville, un petit village de 3 lieues de Honfleur ( Calvados), ce marin-commerçant normand rêve comme beaucoup de ses compatriotes d’aller chercher fortune en Orient.A la fin du XVème siècle, et au début du XVIème siècle, la France s’intéresse t à la découverte des terres nouvelles. De plus, au début du XVIème siècle, le commerce est surtout tributaire de la navigation . Les normands jouissent d’une bonne réputation de marins et marchands. La circulation des navires s’intensifient sans cesse entre Dieppe, Honfleur, Granville et Lisbonne, surtout depuis que le célèbre navigateur portugais “Vasco de Gama” a découvert la route des Indes et fondé, lors d’une seconde expédition en 1502 des comptoirs portugais africains ( Sofa, Mozambique) A cette époque, les richesses orientales  ( épices, étoffes précieuses et objets rares….) sont très recherchés.
Le Départ

Benoit Paulmier de Gonneville, mettant tous les atouts de son côté recrute à Lisbonne 2 pilotes portugais capables de reprendre le chemin tracé par Vasco de Gama.  Une compagnie de commerçants de Honfleur lui confie un navire de 120 tonneaux “L’Espoir”. Il part le 24 juin 1503 de Honfleur.

 

Cap à l’ouest pour chercher fortune
Le début du voyage se déroule sous des cieux cléments, mais bientôt une effroyable tempête modifie les plans. Après plusieurs jours d’errance et d’angoisse pour lui et son équipage, il entre dans une zone calme, navigant vers le sud. La vigie aperçoit enfin  une terre. Il sait qu’il est dans l’hémisphère sud. Mais où ?

Accostage en terre inconnue
Gonneville  atteint en janvier 1504 , cette terre inconnue.  qu’il va baptiser “Indes Méridionales”. Le climat semble agréable, le gibier abondant. La région semble peu peuplée, mais Gonneville et son équipage vont réussir à nouer avec les indiens  des relations pacifiques. Il les décrit comme des gens simples, vivant  de pêche, chasse et cueillette. Les hommes à demi-nus ont des cheveux longs et la tête coiffée de plumes.
Durant 6 mois, les Normands explorent cette nature vierge, inventorient plantes et animaux. Ils y découvrent un bois “Pau brasil” ou “bois de braise” dont la couleur rouge du tronc sous l’écorce sert à la teinture des tissus.
Retour vers la France de Gonneville
Les normands profitent de l’occasion offerte pour commercer avec les Indiens. Ils chargent et remplissent les cales de ce fameux bois braisé Ils y ajoutent des perroquets de toutes les couleurs et diverses autres marchandises….
Le 3 juillet 1504 “l’Espoir” appareille pour regagner la France. Deux hôtes particuliers sont du voyage : Essomeric ( fils du chef de la tribu et le jeune Namoua, un autre indien ) Ils accompagnent les normands, mais avec la promesse de revenir dès le prochain voyage de Gonneville.
Les pirates attaquent
Ce voyage de retour va être catastrophique : des fièvres font mourir plusieurs membres de l’équipage, notamment le jeune “Namoa”. Continuant, tant bien que mal ce pénible voyage, au large de Jersey, “L’espoir” reçoit une visite plutôt désagréable. En effet, Gonneville et ses compagnons vont subir une attaque d’un pirate anglais “Edouard Blunth” qui vole toute la cargaison ainsi que le journal de bord.
De retour en Normandie
Gonneville n’ayant ramené de son expédition aucune des richesses escomptées, ses commanditaires refusent de lui accorder de nouveaux crédits. Il n’y aura plus de voyage pour lui vers les Indes Méridionales ( Brésil). Gonneville , en homme de coeur va adopter le jeune indien (Essomèriq) lui donner une éducation européenne , le marier à l’une de ses parentes ( Marie Paulmier) et en faire son légataire universel. Essomèricq deviendra Seigneur, fera souche en Vallée d’auge. Il aura de nombreux enfants et il vivra jusqu’en 1583. L’adoption d’Essomèricq est un geste qui montre une belle largeur d’esprit ( c’est donc un descendant direct l’Abbé Paumier qui, vers 1750 , fera connaître cette incroyable histoire).
Quelle terre avait donc atteint Gonneville ?
Il semble qu’il a en réalité abordé une terre nommée BRÉSIL (le nom vient de ce bois rouge particulier appelé bois braisé), évidemment rien à voir avec les Indes méridionales. Ses escales ont pu être identifiées. En affirmant l’existence d’un 3ème monde, le voyage a fait fantasmer bien des esprits. En 1869, le géographe et historien Armand d’Avezac, s’appuyant sur ces documents situe le point de chute de Gonneville au niveau de Santa Catarina ( Brésil). De nombreux aventuriers ont cherché pendant des décennies les fameuses terres de Gonneville. Ils sont parvenus aux mêmes conclusions……
Les écrits de l’Abbé Paulmier
Ces écrits ont été retrouvés dans la bibliothèque de l’Arsenal de Paris. Concernant ce mémoire Madame Leyla Perrone-Moises, auteur d’un ouvrage sur Gonneville affirme “Qu’il s’agissait d’une copie certifiée par les notaires dans le cadre d’un procès sur le droit d’aubaine ( impôt payé par les étrangers)”.
La polémique
Un tel périple, une telle épopée ne peut faire l’économie d’une polémique. Un historien rouennais Jacques Levêque de Pontharouart contesta vivement ce voyage le qualifiant de (voyage imaginaire) Branle-bas de combat au sein de la société de l’Histoire de la Normandie. Monsieur Jean-Pierre Chaline, (professeur de la Sorbonne , Michel Mollat du Jourdin et Mme Leyla Perrone-Moises (originaire de Saô-Paulo, professeur de littérature et écrivaine) démontrent vivement le manque de pertinence de cette thèse……

Contestation

Les affirmations de Monsieur de Pontharouart ont été contestées dès le 18 mai 1993 dans une lettre adressée au journal “Paris-Normandie” par Monsieur Jean-Pierre Chaline, président de la Société de l’Histoire de Normandie.

Conclusion
Cette belle histoire fit le bonheur des historiens normands (jusqu’à cette belle polémique en 1993) En attendant il est doux de rêver à cette formidable aventure, en se promenant, au cœur de Honfleur sur le quai ” Le Paulmier”. Il faut aussi rappeler que la Normandie a commercé avec le Brésil dès le XVIème siècle. (Ce bois braisé était considéré comme bois précieux. Il  a  notamment donné sa couleur aux toiles des frères Gobelins).

L’Histoire d’Issoméric racontée dans le livre “Mon village”

Préambule
Ce texte est extrait du livre “Mon Village” de Jacques Auzoux, maire de Courtonne la Meurdrac de 1977 à 1989.
Il faut noter que Monsieur Auzoux est le seul à orthographier Issoméric de cette façon. Nous n’avons retrouvé aucune trace de cette orthographe alors que l’on peut trouver le nom de cet Indien écrit Essoméricq ou Essoméric.

Histoire d’Issoméric authentique prince indien
L’extraordinaire aventure du prince indien Issoméric qui naquit au Brésil et fut enterré peut-être à Courtonne-la-Meurdrac.

Trois sources d’informations pour étayer ce récit :

1) Une documentation en provenance du Brésil ;
2) Une étude détaillée de Monsieur d’Avezac sur l’Abbé Jean Paulmier de Courtonne-la-Meurdrac, arrière petit-fils de l’indien Issoméric ;
3) Des extraits du Bulletin de la Société historique de Lisieux (année 1900) et la collaboration dans le domaine de ces recherches de trois amies de la commune (nous les remercions au passage).
Toutes les histoires, qu’elles soient authentiques ou de pure imagination, et nous ne ferons pas exception à la règle, commencent toujours ainsi : «Il était une fois…»

Un jour de septembre 1981, dans le courrier adressé au maire de Courtonne-la-Meurdrac, se trouve une lettre en provenance du Brésil, plus exactement de Sao-Paulo, datée du 6 septembre 1981, en voici le contenu :

«Monsieur le Maire, je vous serai très obligé de m’informer s’il existe quelques personnes érudites qui pourraient me donner des renseignements pour une recherche que je suis en train de faire. Dans un livre que mon grand-père a écrit (c’est toujours mon correspondant qui parle), il signale que l’Indien Issoméric que Robert de Gonneville avait ramené du Brésil en 1504 a été enterré à Courtonne-la-Meurdrac, étant donné l’importance historique de ce navigateur qui a été le premier à aborder les côtes du Brésil, je suis intéressé à savoir s’il existe quelques références sur ce passage historique dans vos archives. Dans l’attente de vous lire, recevez monsieur le Maire, etc.»

Qu’allons-nous faire avec cet Indien qui nous tombe des nues ? De toute façon il faut répondre à ce Monsieur, la politesse l’exige, mais lui répondre quoi ? Que nous accusons réception de sa lettre du tant ?

Que nous sommes étonnés que cet illustre Indien repose peut-être dans notre cimetière ? Que nous avons compulsé nos archives et résultat, pas de traces d’Indien marié ou décédé dans notre Commune, et terminer cette lettre par la formule habituelle : «Désolé, Monsieur, Veuillez agréer, etc.»

Ce Monsieur attend autre chose de nous c’est évident ! Eh bien allons-y, embarquons-nous dans cette aventure, dans cette sorte d’association de recherches au-delà des mers. Ce mystère entourant la vie de ce prince indien, cette énigme pourrait-on dire. Comment est-il arrivé en France ? Et encore plus curieusement peut-être à Courtonne? La curiosité aidant, et la passion pour tout ce qui touche au passé de notre village nous renforce dans notre décision.

Avec vous, chers amis, nous allons entreprendre un grand voyage… Maigres renseignements au départ, arrivée de cet Indien en France vers 1504, décédé probablement à Courtonne-la-Meurdrac ?

Premier contact — Les Archives départementales du Calvados.

Issoméric a existé, une étude d’Émile Boissais, avocat à la Cour d’Appel de Caen le prouve «Issoméric mourut en 1583 âgé d’au moins 95 ans, nous inclinerions à fixer le lieu de son décès à Courtonne-la-Meurdrac, la seigneurerie de Courtonne appartenant à son fils aîné».

Pas de traces d’Issoméric dans nos archives communales, c’est très simple nos archives partent de 1585 et il est mort en 1583.

Deuxième contact — Les Archives départementales de la Manche.

Issoméric a existé, c’était même un chaud lapin, comme on dit chez nous. Voici un extrait : «Binot Paulmier dit le Capitaine de Gonneville, marie en 1521 son fils adoptif Issoméric, fils du Roi Arosca, à sa nièce Marie Moulin (nous y reviendrons), de ce premier mariage il naquit 14 enfants, nous apprenons qu’il se marie une seconde fois, et sa seconde épouse lui donne 7 filles dont la postérité est inconnue. De son premier mariage en 1521, il eut des fils, nous remontons jusqu’au VIe degré qui nous conduit vers 1785, il y eut beaucoup de chanoine dans cette lignée.

Revenons à notre correspondant brésilien. Nous lui transmettons quelques renseignements. Deux mois s’écoulent, la machine est en route, la courroie de transmission fonctionne et une seconde lettre arrive en Mairie suivie d’une troisième. Le but de notre correspondant et le nôtre est de savoir si cet Indien est enterré soit dans l’Église (c’était un noble) ou dans le cimetière de Courtonne, dans cette troisième missive notre correspondant nous dit qu’il vient de recevoir de la bibliothèque de Honfleur la copie d’un ouvrage qui mentionne que l’Indien Issoméric a été probablement enterré à Courtonne-la-Meurdrac ainsi que ses descendants directs sont nés et ont résidé dans le château de ce lieu.

Donc pas d’erreur, Honfleur et Binot Paulmier dit le Capitaine de Gonneville, point de départ de cette histoire vraie : «Trois chanoines de Lisieux issus d’un Roi Indien.»

Ces Paulmiers de Courtonne. — Dix années s’étaient écoulées depuis la découverte de l’Amérique, le xvie siècle venait de s’ouvrir, on était en 1503.

Un hardi marin honfleurais, Binot Paulmier ou Le Paulmier, d’une branche de cette famille établie dans la paroisse de Gonneville-lesHonfleur et dont le nom devait passer à la postérité sous le nom de «Capitaine Gonneville» (Vues les belles richesses d’épiceries et autres raretés apportées par les navires portugalloises allant es Indes) résolut, lui aussi, d’aller tenter la fortune par-delà les mers.

Il fit part de son projet à huit autres «honorables, hommes Bourgeois de Honfleur, qui eux neuf à fraiz et constements communs, équipèrent un navire du pors de six-vingt-tonneaux (120) peu moins, dite L’Espoir, qui n’avait jamais servy qu’à faire un voyage au Hambourg».

Soixante-deux personnes, y compris le Capitaine, prirent place sur ce bâtiment qui quitta Honfleur le 24 juin 1503. Après avoir niché aux Canaries, au cap Vert et franchi l’Équateur, les navigateurs normands abordèrent enfin à une terre inconnue et leur Capitaine conduisit «La navire dans une rivière qu’elle avait trouvée, qu’est quasiment : comme celle de l’Orne».

Ils nommèrent leur découverte : «La Terre de Gonneville

L’apparition d’issoméric

Le récit nous introduit alors dans ce nouveau pays dont il nous montre les sites, les productions, les habitants, et ces descriptions se rapportent absolument à ce que les autres voyageurs de cette époque disent du Brésil. C’était donc là que les hasards de la mer avaient porté le Capitaine Gonneville et ses compagnons.

Le roi des Indiens s’appelait Arosca «comme il semblait âgé de soixante ans, lors veuf et avait six garçons, depuis trente jusqu’à quinze ans et venait et ses enfants souvent à la navire. Homme de grave maintien, moyenne stature, grosset et regard autif».

Parfaitement reçus par ces Indiens, les Normands demeurèrent quelque temps dans ce pays, et le jour de Pâques 1504 y plantèrent une croix sur le rivage avec cette inscription :

Hic sacra Palmarius posuit Gonivilla Binotus Grex socius pariter. Neustraque progénis…

Durant ce voyage le scorbut a fait 6 morts parmi les marins. Le navire faisait eau de toutes parts, il fallait le reconstruire presque en entier, on trouva sur place les matériaux nécessaires, avec le concours des Indiens, gens simples vivant de chasse, de pêche, des produits de la terre, habillement sommaire, arcs, flèches, épieux en bois pointus et durcis au feu, cabanes couvertes de branchages de feuilles et d’herbes, nattes douces pleines de feuilles et de plumes couvertes de peaux, ustensiles en bois.

Le séjour dura 6 mois environ, le bateau avait été réparé, le retour en France fut décidé «Et fut tant fait par beau temps semblant que : le dit Seigneur Arosca (bien qu’un sieur jeune fils qui d’ordinaire (tenait bon) avec ceux de la navire vint en chrestienneté parce qu’on promettait aux père et fils le ramener dans vingt lunes au plus tard».

En langage clair, suivant la coutume on désirait ramener en France quelques-uns des habitants de la nouvelle terre. Le Capitaine avait remarqué Issoméric, le plus jeune fils d’Arosca, on lui offrit d’embarquer sur la promesse de le ramener dans 20 lunes, c’est-à-dire environ 20 mois plus tard et de lui apprendre l’Artillerie pour pouvoir maîtriser les ennemis voisins. Un Indien d’âge mûr nommé Namoa fut donné comme mentor au jeune prince et le 3 juillet 1504 on mit la voile. Voyage de retour très pénible jusqu’au 10 octobre on ne revit pas la terre, la fièvre maligne emporta 4 passagers dont Namoa.

Issoméric étant tombé malade à son tour fut baptisé «Le dict baptème servit de médecine à l’âme et au corps parce que d’empuis le dict Indien fut mieux» et furent ses parrains, le dit Gonneville capitaine et Anthoine Thierry et au lieu de marraine fut pris Audrien de La Marc pour tiers parrain et Issoméric fut nommé Binot du nom de baptême du Capitaine Binot Le Paulmier dit Gonneville. Ce voyage de retour fut semé d’embûches, on tomba sur des peuplades sauvages anthropophages «Mids comme venant du ventre de la mère» (On suppose qu’ils étaient nus).

Les premiers marins descendus à terre furent tués, les navigateurs remontèrent la côte sur une distance d’au moins 100 lieues et tombèrent encore sur des Indiens farouches, mais ils se tenaient sur leurs gardes et firent le plein du navire. Vers le 1er janvier abordent dans une terre inhabitée, 5 semaines après repassent l’Équateur, se trouvent aux Açores, ravitaillement en vivres frais, repartent le 9 mars pour l’ Europe, tempêtes, abordent en Irlande pour radouber la coque du navire, séjour d’une durée inconnue, puis cap sur Honfleur.

Le 7 mai 1505, un forban anglais, Edouard Blunth de Plymouth, les attendait entre Guernesey et Jersey, il leur donna la chasse, Gonneville se défendit vaillamment avec son équipage décimé par les maladies et il eut raison de ses agresseurs si un autre forban Mouris Fortin, Malouin, ne s’était joint à l’Anglais. Les Honfleurais durent se jeter à la côte après avoir perdu 12 hommes, 4 moururent à terre de leurs blessures. Le navire était perdu avec son contenu, 28 personnes restèrent avec le capitaine et Issoméric ne revit jamais sa patrie, son parrain en l’adoptant l’avait marié en 1521 à sa nièce Marie Moulin (une autre version indique qu’en 1521 il épousa Suzanne Paulmier, parente, certains même disent fille de son bienfaiteur et celui-ci lui laissa à la fois et sa fortune et son nom. Nous inclinons à penser que ce fut Marie Moulin son épouse, nos informations brésiliennes sont précises à ce sujet).

Toujours est-il que, grâce à cette adoption, il est devenu un second Binot Paulmier. Du mariage d’Issoméric avec Marie Moulin naquirent 14 enfants, nous n’en connaissons que deux : Binot Paulmier, le deuxième du nom et Olivier, le neuvième par ordre de naissance. Issoméric devenu veuf, se remaria dans un âge avancé et n’eut de sa seconde union que des filles dont on ignore le nom et la postérité. Le lieu du décès d’Issoméric ou Binot Le Paulmier est peut-être Courtonne-la-Meurdrac dont la seigneurie appartenait à son fils aîné, lequel habitait le château de Courtonne, marié à Jeanne Robillard, là naquirent les enfants de ce dernier notamment en 1565 J. -B. Paulmier, futur président des Trésoreries de France en Provence, décéda à Marseille en 1619. Issoméric décéda en 1583 vers l’âge de 95 ans.

Olivier Paulmier, sieur de Courtonne et de Pommeret, septième des enfants issus du mariage de Binot II Paulmier avec Jeanne de Robillard, épouse en 1627 Marie Collet des Boves, issue d’une ancienne famille qui habitait Le Mesnil-Simon, le contrat fut déposé devant les tabellions de Lisieux le 13 novembre 1654, le mari y est qualifié de «Noble Homme», conseiller du Roi et receveur des tailles à Lisieux, il avait donc renoncé à la profession des armes. Effectivement après de longues et patientes recherches dans nos archives (Registres d’état civil de 1604 à 1634) dans un vieux français presque illisible, nous trouvons trace du fils d’Issoméric, Olivier Paulmier a bien habité à Courtonne, il figure bien dans nos registres à la date de 1627, notre patience est récompensée.

Cet Olivier eut 5 enfants : Jean-Baptiste qui fut chanoine ; Gabriel, officier de Mademoiselle de Montpensier, nièce de Louis XIII; Robert, sous-diacre, mourut à Courtonne en 1701; Marie épousa Charles des Nollières de Laumondière; et Hélène qui resta célibataire. Nous trouvons dans nos registres en date de janvier 1691, la signature très lisible d’Hélène Paulmier, marraine de Françoise (illisible), il est écrit ceci: «et la marraine Honorable fille Damoiselle Hélène Paulmier» (Arrière petite-fille d’Issoméric).

Robert-Antoine Paulmier, fils aîné de Gabriel et de Françoise de la Roudière et écuyer de Monsieur Le Prince épousa après dispense de bans du 10 janvier 1720 Marie Senée, veuve de Me Germain Rioult, conseiller du Roi en la paroisse de Saint-Germain de Lisieux, nous ne connaissons de ce mariage qu’une seule fille, Marie-Anne Paulmier, qui épousa le 7 janvier 1743 François d’Ouézy, chevalier, seigneur et patron de la paroisse d’Olendon près Falaise. Le mariage fut célébré par notre, chanoine de Rocques Jean-Baptiste II Paulmier, oncle de la mariée, et les époux habitèrent tantôt Saint-Jacques de Lisieux tantôt Verneusses.

Marie-Anne Paulmier est la dernière du nom des descendants du prince Issoméric en Normandie.

Quelques lignes sur Messire Jean Paulmier de Courtonne, chanoine dès 1658 en l’église cathédrale de Lisieux, résident du roi de Danemark en France, ajoutons qu’en 1664, le chanoine Jean Paulmier, premier du nom, publia un ouvrage intitulé «Mémoire touchant l’établissement d’une mission chrétienne dans le troisième monde appelée autrement la Terre Australe, Méridionale, Antartique, dédiez à N.S.P. le Pape Alexandre VII par un ecclésiastique originaire de cette même terre»

Avant les bombardements de Lisieux, une inscription se lisait encore sur la porte d’une maison de la place Le Hennuyer, maison qui devait être certainement le logis du premier

chanoine Paulmier car elle paraissait dater du règne de Louis XV :

Etiam niger in puritate
Constans. Coronatur.
Ignominia sacerdotès.
Proprius studer.
Divitiis Hero-A-Hero

Les trois dernières lignes en caractères plus petits que les deux autres. C’est probablement le chanoine Paulmier qui a rappelé dans cette sentence l’origine étrangère de sa famille.

Ici se termine l’histoire d’Issomeric, petit prince indien venu de son lointain Brésil et qui repose peut-être dans notre église ou dans notre cimetière.

Ci-dessous, signatures d’un baptême.
La marraine, Honorable fille Damoiselle Hélène Paulmier, arrière petite-fille d’Issoméric et le parrain, noble Grand Homme François Coburne.

Ci-dessous : Traces d’Ollivier Paulmier, fils d’Issoméric.

Pendant la 2nde guerre mondiale

 

Odette VERON
(née Auvray)

Journal intime

1940 – 1944

 


Odette Véron a 24 ans en 1940, comme beaucoup de jeunes de son age à cette époque, elle écrit son journal intime.

Mariée à Georges Véron, instituteur et secrétaire de mairie, elle raconte en détail la vie des Courtonnais et des habitants du Pays d’Auge.
Merci à Annick et Marc, ses enfants et à Carole, sa petite fille, de nous avoir confié ces documents très précieux pour l’histoire de notre commune.





Journal intime Mme Véron 1940-1944

Photos confiés par Carole Capron Véron, petite fille de Odette Véron

L’église et une carte postale
1940-1941
Georges et Odette Véron
1941-1942
La classe de Georges Véron
1943-1944
23 août 1944
Le jour de la libération
23 août 1944
Le jour de la libération
La classe de Courtonne
printemps 1945